[La Dynamo 19H00]

Le Front National/Rassemblement National dirige depuis mars 2014 onze villes françaises.

Contrairement à la première expérience frontiste de gestion municipale (1995-2001 à Toulon, Marignane, Orange et Vitrolles) où son action était, tant localement que nationalement, observée par de nombreux acteurs sociaux (médias, associations et partis de gauche), on constate qu’il agit aujourd’hui sans contrôle.

Or qu’observe-t-on dans les deux villes de notre enquête sociale (Beaucaire dans le Gard et Mantes-la-Ville dans les Yvelines) ?
L’emprise de l’idéologie différentialiste avec en arrière-plan une stratégie de gestion de l’espace public nourrie à la préférence nationale, rappelons que la loi interdit cette pratique, a fait de ces deux communes des laboratoires de la haine.

Car le frontisme municipal y agit méthodiquement, sûr de sa force politique — ses opposants sont inaudibles — et de sa pleine capacité à maltraiter impunément tous ceux qu’il cible, de fait, comme nuisibles : les arabes, les musulmans, les partisans de la politique de la ville, les militants du social, les journalistes scrupuleux, les défenseurs du vivre-ensemble, etc.

À l’échelle locale, le leadership frontiste remet en cause le fonctionnement de la démocratie. Pendant ce temps, l’État, comme sa représentation locale, ferme les yeux, considérant que cette expérience désastreuse qui a pourtant cassé par son fonctionnement toute vitalité démocratique dans ces deux communes, ne serait qu’un mauvais moment à passer.


localisation de la salle


L’AUTEUR
Hacène Belmessous est chercheur indépendant et auteur de plusieurs ouvrages dont :

• Le Grand Paris du séparatisme social (Post-Éditions, 2015),
• Sur la corde raide. Le feu de la révolte couve toujours en banlieue (Le Bord de l’Eau, 2013),
• Opération banlieues. Comment l’État français prépare la guerre urbaine dans les cités françaises (La Découverte, 2010, Prix La ville à lire France Culture/Revue Urbanisme),
• Le nouveau bonheur français. Ou le monde selon Disney (L’Atalante, 2009).


LES ARGUMENTS
• Cette enquête sociale au sein des deux communes puise à plusieurs sources inédites : des entretiens avec des personnels municipaux, des acteurs de la vie sociale et politique, des représentants locaux de l’État et enfin des documents confidentiels portant sur la gestion locale frontiste.
• Des faits graves qui ont été rapportés à l’auteur ont été soumis à des avocats spécialistes de droit administratif qui, surpris par leur teneur, estiment qu’ils peuvent valoir des poursuites judiciaires aux deux maires ainsi que leur inéligibilité. Or aucune plainte n’a été déposée.

UN SUCCÈS ATTENDU
• Plusieurs mois d’enquête sociale révèlent la face cachée de l’idéologie frontiste lorsque ses élus sont au pouvoir. À l’heure de l’emprise croissante des idées nationalistes, ce qu’elle souligne est une véritable menace pour la démocratie.
• Dans la mesure où l’action locale des élus de ce parti relève précisément de la mise en œuvre de son idéologie, l’auteur pose la question de sa dissolution.


Son dernier article (en accès libre) dans le Monde Diplomatique : https://www.monde-diplomatique.fr/2018/10/BELMESSOUS/59132